Face à l’augmentation des retours forcés depuis l’Iran et le Pakistan et à l’aggravation de la crise économique en Afghanistan, AFRANE a mené une distribution alimentaire d’urgence dans la province de Bamyan afin de répondre aux besoins des familles déplacés les plus vulnérables.
Pendant 9 jours, les équipes d’AFRANE ont organisé des distributions dans 9 centres répartis dans 5 districts (Waras, Panjab, Yakawlang 1, Yakawlang 2 et Bamyan), au bénéfice de personnes vivant dans les huit districts de la province.
Au total, 900 familles ont reçu une aide alimentaire, dont 476 ménages dirigés par un homme et 424 ménages dirigés par une femme. Les bénéficiaires étaient des familles déplacées, récemment revenues d’Iran, et dans une moindre mesure du Pakistan.
Chaque famille a reçu un colis alimentaire comprenant :
- 50 kg de farine
- 5 litres d’huile
- 8 kg de riz
Au-delà des difficultés matérielles, le retour en Afghanistan représente une épreuve humaine considérable. Beaucoup reviennent dans un pays qu’ils ont quitté depuis de nombreuses années, parfois depuis leur enfance. Ils doivent reconstruire leur vie dans un contexte marqué par une profonde crise économique et environnementale, un accès très limité à l’emploi et des restrictions systémiques à l’encontre des femmes et des filles.
L’un des bénéficiaires témoigne :
« Les autorités iraniennes ont annulé nos documents, alors j’ai décidé de rentrer. Ils nous ont mal traités et nous ont frappés à la frontière. Ma femme est restée en Iran. Elle ne veut pas revenir en Afghanistan. Moi, je voudrais retourner en Iran, mais je ne peux obtenir aucun visa. La vie en Afghanistan est très difficile. Il n’y a ni revenus ni travail. Depuis un an, je suis sans emploi. Je travaille parfois dans l’agriculture, mais cela est loin de suffire pour répondre aux besoins de ma famille. »
Une enquête réalisée par AFRANE en parallèle des distributions met en évidence l’ampleur de l’insécurité alimentaire :
- 45 % des bénéficiaires interrogés ont déclaré avoir eu accès à moins de deux repas par jour au cours des sept derniers jours.
- 96 % des personnes interrogées considèrent que la nourriture figure parmi leurs trois besoins les plus urgents.
Ces résultats illustrent la précarité économique et sociale à laquelle sont confrontées les familles de retour. Dans ce contexte, l’aide alimentaire constitue un soutien essentiel pour répondre aux besoins immédiats, tout en rappelant l’importance de renforcer les actions d’accompagnement afin de permettre aux familles de reconstruire durablement leurs moyens de subsistance.



