par Pascale GOLDENBERG*

Parler des broderies de Guldusi est un peu faire un pléonasme, puisque goldouzi veut dire la broderie, littéralement « la couture de fleurs ».

Les nouvelles d’Afghanistan ont déjà publié des articles sur le projet Guldusi. Il fournit du travail à des femmes afghanes en Afghanistan, il met en valeur leur créativité artistique, il construit des ponts entre Afghanes et Européennes. Quelle belle entreprise ! Voici quelques extraits.

* Animatrice du projet broderies Guldusi dont nous avons déjà fait état dans nos numéros 125, 136, 151 et 181.

 

Cet article est issu du N°192 des nouvelles d’Afghanistan

 

Les broderies en soie

Guldusi accompagne deux pro­grammes de broderie en Af­ghanistan : les broderies en co­ton proviennent de villages au nord de Kaboul, tandis que les broderies en soie proviennent de la province d’Hérat.

Ces travaux fins, aux motifs géométriques et au format 4 × 6 cm, rappellent les tapis nomades. Ils se prêtent parfai­tement à la création de bijoux artisanaux ou peuvent aussi être présentés comme des mi­niatures encadrées.

Interprétations

L’ornementation des broderies en soie est constituée par les motifs figuratifs des brodeuses des villages. Ils ra­content des histoires ou représentent des situa­tions de vie qui sont par­fois difficiles à interpré­ter pour des Européens dont les quotidiens diffèrent fortement. À travers trois broderies de Shogoufa, je vous invite à vous faire votre propre idée : qu’a-t-elle repré­senté ? Je qualifie ce type de travaux de « broderies documentaires », car les motifs nous offrent un aperçu du quotidien des brodeuses en Afghanistan.

En fait, la première broderie montre un élève — le stylo à bille, le livre ouvert et le cartable en témoignent — qui a été renversé par une voiture. En Afghanistan, nombreuses sont les personnes qui meurent dans des accidents de la circulation.

La deuxième scène représente un homme en train de puiser de l’eau à un puits. L’utilisation de tels puits est devenue rare. On trouve beaucoup plus souvent des pompes à eau au milieu des villages, appelées « bamba », qui remontent l’eau sou­terraine. Le pompage est un travail pénible. Les bidons d’eau remplis sont trans­portés jusqu’à la maison à l’aide de brouettes — une tâche quotidienne assumée principalement par les en­fants et les hommes.

La troisième image ren­voie à une visite à l’hôpital, reconnaissable aux pieds du lit. Dans les villages, on s’assoit et on dort sur des matelas, appelées « tochak », posés à même le sol ; il n’y a ni tables ni chaises. Apparemment l’homme malade reçoit la visite d’une parente de sexe féminin.

Les broderies doivent être vendues

Exposition itinérante en Allemagne

Afin que nos programmes de broderie puissent se poursuivre, les broderies doivent être vendues. Pour cela, il existe essentiellement trois possibilités : notre boutique en ligne, notre présence sur différents salons textiles en Europe, ainsi que dans le cadre de nos expositions itiné­rantes.

Par ailleurs, de nombreuses initiatives privées s’en­gagent en faveur de nos broderies. La période précédant Noël est toujours d’une grande importance à cet égard — comme récemment à Eichstätt, en Bavière.

Si vous avez la possibi­lité d’inviter Guldusi d’une manière ou d’une autre dans votre région — que ce soit par le biais d’une exposition, d’un stand de vente ou d’une confé­rence — n’hésitez pas à me contacter.*

Broderie de Zoya et Ulrike

La créati­vité sans limites d’Ulrike

Une Afghane brode, une Européenne s’inspire de sa broderie et se met elle aussi au travail. Ainsi naît une œuvre façonnée par quatre mains : d’abord celles de l’Afghane, puis celles de l’Européenne. C’est un acte de reconnais­sance mutuelle et une forme de créativité qui dépasse les frontières culturelles.

Broderie de Shieba et Ulrike

Ulrike écrit à ce sujet : « En janvier, je vais avoir 80 ans. Il y a des décennies, j’ai commencé à assem­bler de grands collages à partir de chutes de tissu. Cela me procure encore au­jourd’hui beaucoup de plaisir, même si mes œuvres sont devenues plus petites au fil des ans. J’ai découvert les broderies afghanes lors d’un salon à Dortmund, et cer­taines m’ont immédiatement inspirée pour mes collages. J’aime particulièrement les scènes de la vie quotidienne, ainsi que les portraits de per­sonnes et d’animaux — et à Noël, elles peuvent même devenir des anges. Quand je suis à ma table de travail et que je couds, je pense aux Afghanes brodeuses et j’es­père qu’elles prennent autant de plaisir que moi à leurs créations. »

Contact : Pascale Goldenberg
Hofackerstraße 7 · 79110 Freiburg · Allemagn